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Publication

Infraction à la loi anti-cadeaux : vers un durcissement des sanctions prononcées par les juridictions?

12/03/2018

Locations

France

Offense against the anti-gifts law: towards a hardening of the sanctions pronounced by the jurisdictions?

English version below

Le tribunal correctionnel de Lons-le-Saunier a prononcé, fin 2017, une peine d'emprisonnement avec sursis sur le fondement de la loi anti-cadeaux. A notre connaissance, c'est la première fois qu'une telle sanction est prise sur le sujet.

Dans cette affaire, étaient poursuivis deux pharmaciens pour avoir notamment perçu des chèques cadeaux d'un laboratoire pharmaceutique pendant près de trois ans, également poursuivi.

Les condamnations prononcées ont été les suivantes :

  1. Une peine d'emprisonnement d'un an, prononcée avec un sursis total, et une amende de 10 000 euros (avec sursis pour un montant de 5 000 euros) pour l'un des pharmaciens. Pour rappel, le texte en vigueur actuellement permet une peine d'emprisonnement de deux ans. Les nouvelles dispositions modifiant la loi anti-cadeaux réduisent à un an cette même peine.
  2. Une amende de 6 000 euros pour le second pharmacien (avec sursis pour un montant de 3 000 euros) ;
  3. Une amende de 40 000 euros pour le laboratoire pharmaceutique, sans sursis. Contrairement à un arrêt de 2017 de la cour d'appel de Paris, rendu également sur le fondement de la loi anti-cadeaux et pour lequel un pourvoi est en cours, seule la personne morale a été poursuivie et condamnée dans cette affaire, le mandataire social du laboratoire pharmaceutique n'ayant pas été poursuivi.

 

Faut-il déduire des peines prononcées, par le tribunal de Lons-le-Saunier, un durcissement de la position des juridictions dans l'application de la loi anti-cadeaux ?

La particularité de cette affaire résulte dans l'existence concomitante de détournements de médicaments, au préjudice de la pharmacie qui employait les pharmaciens, relevant de la qualification d'abus de confiance et d'infractions à la loi anti-cadeaux.

Selon nous, c'est la concomitance des deux infractions qui a amené le tribunal de Lons-le-Saunier à prononcer une peine de prison avec sursis à l'encontre d'un des deux pharmaciens.

En revanche, il est avéré que les contrôles effectués par la direction générale de la répression des fraudes (DGCCRF) relatifs au dispositif anti-cadeaux sont très nombreux et que cette autorité semble encouragée à transmettre toute affaire au Ministère public.

Dans un contexte d'évolution de la loi anti-cadeaux, les industriels doivent donc se montrer encore plus vigilants eu égard à cette jurisprudence.



Offense against the anti-gifts law: towards a hardening of the sanctions pronounced by the jurisdictions

At the end of 2017, the criminal court of Lons-le-Saunier pronounced a conditional sentence of imprisonment on the basis of the anti-gifts law.

To our knowledge, this is the first time that such a sanction is taken on this subject.

In this case, two pharmacists were prosecuted for having notably received gift vouchers from a pharmaceutical laboratory for nearly three years, equally pursued.

The convictions handed down were as follows:

  1. A one year prison sentence, pronounced with a total suspension, and a fine of 10,000 euros (suspended for a sum of 5,000 euros) for one of the pharmacists. As a reminder, the current text allows a two-year prison sentence. The new provisions amending the anti-gifts law reduce the same sentence to one year.
  2. A fine of 6,000 euros for the second pharmacist (suspended for an amount of 3,000 euros);
  3. A fine of 40,000 euros for the pharmaceutical laboratory, without suspension. Unlike the 2017  judgment of the Paris Court of Appeal, also rendered on the basis of the anti-gifts law and for which an appeal is pending, only the legal person was prosecuted and sentenced in this case, the attorney the pharmaceutical laboratory has not been prosecuted.

 

Is it necessary to deduce the sentences pronounced by the court of Lons-le-Saunier, a hardening of the position of the jurisdictions in the application of the anti-gifts law?

The peculiarity of this case results in the concomitant existence of misappropriation of drugs, to the detriment of the pharmacy which employed pharmacists, falling within the category of breach of trust and infringement of the anti-gift law.

In our opinion, it was the concomitance of the two offenses that led the Lons-le-Saunier court to impose a suspended prison sentence on one of the two pharmacists.

On the other hand, it is clear that controls carried out by the General Directorate for the Suppression of Fraud (DGCCRF) relating to the anti-gifts scheme are very numerous and that this authority seems encouraged to forward any matter to the Public Ministry.

In a context of evolution of the anti-gifts law, manufacturers must therefore be even more vigilant with regard to this case law.

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